Chroniques

Quand la Guerre Froide fit naitre les Khmers Rouges

Sur ces terres khmers ou l’une des plus grandes civilisations de notre ere a batie des merveilles architecturales, comment ne pas se questionner  sur une periode plus sombre de son histoire que nous connaissons tous : celle du genocide des Khmers Rouges contre son propre peuple.
Essaysons ici de donner quelques clefs pour comprendre ce qui a pu pousser un pays a perpetrer un crime contre lui-meme. 

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Neutralite du Cambodge, fureur des americains

En 1955, la Guerre Froide divise le monde en deux blocs. L’Amerique craint une extention geographie de l’ideologie communiste et demande au Cambodge de prendre une position claire : capitaliste ou socialiste.
Pris en etau entre la Thailande capitaliste et le Vietnam a l’aspiration communiste, le Cambodge revendique sa position neutre parmi ce que l’on appela les pays « non-alignes ».
Les enjeux geopolitiques sont grands et l’Amerique donne le coup d’envoi d’une bataille qui durera jusqu’a l’effondrement du bloc sovietique.
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Irrite par la neutralite le roi cambodgien Sihanouk, l’Amerique tente avec ses allies thai et sud- vietnamiens de faire disparaitre ce roi fort derangeant pour ses affaires. Pendant pres de 10 ans, toutes les tentatives de paix de Sihanouk seront sapees soigneusement par la droite pro-americaine.
Contraint de former une coalition pour riposter, 
Sihanouk forme un parti qui deviendra celui des Khmers Rouges. Apres avoir rallier la cause du roi, ces derniers fomentent des emutes dans les campagnes cambodgiennes, poussant le roi a les reprimer. Ce faisant, Sihanouk s’attire  les foudres des contrees. L’alliance entre les KR et Sihanouk est brisee et la guerilla Khmer Rouge s’installe dans les campagnes d’ou ils organisent leurs actions.

La haine des Americains alimente les rangs des Khmers Rouges

La tournure du conflit regionale s’intensifie lorsque les Viet Cong (communistes vietnamiens) se rallient a leur cause. L’infiltration Viet Cong au Cambodge inquiete les americains qui fomentent un coup d’etat contre leur ennemi historique, Sihanouk. Le roi est destitue par le parlement, alors infiltre par la CIA, et les americains installent aux commandes du pays un de leur pantin : le general Lon Sol.41.jpg
Furieux de voir l’imperialisme americain s’immiscer dans les affaires nationales, les cambodgiens se revoltent dans la capitale. La repression qui s’en suivra poussera le peuple a se rallier aux Khmers Rouges.

De l’autre cote de la frontiere, c’est la fin de la guerre du Vietnam. Les viet Cong rentrent au pays afin d’y edifier leur ideologie communiste. Affaibli, le pantin de la CIA est vire du Cambodge. Restent alors les Khmers Rouge, dont les rangs ont ete nourri toutes ses annees par la haine de l’envahisseur. Ils jouissent maintenant de la faveur de la population cambodgienne.
1975. C’est le debut du regne des Khmers Rouges, « l’annee zero »d’une dictature qui ensanglantera le pays pendant pres de cinq ans.

Annee zero

En Janvier 1975, les Khmers Rouges font croire a un imminent bombardement americain sur Phnom Penh et organisent l’evacuation totale de la capitale.
C’est le coup d’envoi d’une politique cher aux KR: repeupler les campagnes pour revenir a la purete du travail de la terre, seule vraie valeur de la vie. Phnom Penh comme toutes les autres villes du pays deviennent alors des cites fantomes.
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Commencent ainsi l’epuration de la population. Au nom d’un retour vers le travail de la terre, les Khmers Rouges vouent une haine inconditionnelle a tous les travaux de l’esprit. Sont alors tues les intellectuels, les enseignants, ecrivains, etrangers, les moines qui consideres comme « faigants »car ils ne savent pas se nourrir d’eux meme, et meme toute personne portant sur elle lunnettes ou stylo.

Lorsque l’on est epargne, on meurt dans les campganes ou la politique de retour a la terre a engendre la famine. Pendant ces cinq annees de terreur, les Khmers Rouges tueront ainsi 1/3 du peuple cambodgien.

La chute des Khmers Rouges

En avril 1979, les vietnamiens envahissent le Cambodge en riposte a une tentative d’invasion Khmer vers Hanoi (ils voulaient retrouver les frontieres du vrai royaume Khmer). Les vietnamiens repoussent les Khmers, qui, vaincu, se replient dans les campagnes aux abords de la frontiere thai.Un nouveau gouvernement est forme par les vietnamiens mais les Khmers Rouges continuent leur guerilla.

21.jpgDisseminer la famine dans son pays

C’est ainsi qu’il vont mettre en place une sinistre strategie qui finalement se retournera contre eux. En pensant affaiblir le nouveau gouvernement, les KR organisent la famine dans les campagnes en posant dans les rizieres des mines anti-personnelles. Un nombre impressionnant de cambodgiens sont mutiles par ces engins vicieux et destructeurs, mais contrairement a leurs attentes, les paysans savent a qui ils doivent ces mefaits et aucune haine du gouvernement vietnamiens ne les habitent.
Aujourd’hui,ce mal ronge encore le pays et 300 personnes sont victimes chaque mois de ces mines qui mutilent.

Transition faussee, bilan mitige

La presence des vietnamiens prendra fin a l’effondrement du bloc sovietique. Soucieux de la perennite de l’ideologie communiste, les vietnamiens se voient obliges de collaborer avec le grand frere chinois, 31.jpglequel demande aux troupes de quitter le Cambodge.
Ce n’est qu’en 1991, 15 ans apres le debut du genocide Khmer Rouge que les Accords de Paris votent une mission de l’ONU au Cambodge visant a restaurer la paix et a organiser des elections libres.

En 1993, les elections propulsent au pouvoir Sihanouk, qui, afin de menager l’entiere population, nomme comme deuxieme premier ministre un ancien Khmer Rouge repenti : Hun Sen.
81.jpgMais apres le depart des casques bleu, la corruption est telle que Hun Sen ecartera tout simplement tous ceux qui le derange pour prendre les renes du pays.
Aujourd’hui encore il garde le pouvoir alors que les cambodgiens tentent d’oublier cette periode sombre de leur histoire et aspire a une paix febrile.

 

Legendes, de haut en bas

1/ et 2/. La plus grande prison des Khmers Rouges, S-21, etait une ancienne ecole . Etaient ici tortures tous les non desires, ennemis de la nation. Pres de 18 000 personnes inclus femmes et enfants ont passes plusieurs mois dans cette prison au centre meme de Phnom Penh, avant d’etre executes a 15 km d’ici dans ce que l’on appelle « les champs de la mort ».

3/. Les prisonniers etaient tortures dans ces chambres. Le fer etant un conducteur de l’electricite, les Khmers Rouges avient eu l’idee de les attacher a ces lits sur lesquels ils recevaient des decharges electriques. La boite sur le lit est une boite a cartouches de fusils, elles etaient donnees aux prisonniers qui y faisaient leurs besoins.

4/. Les Khmers Rouges avaient la manie de tout repertorier minutieusement. Ils prennaient des photos de chacun des prisonniers a leur arrivee et faisaient chaque jour des rapport sur l’avancee des interrogatoires.

 5/. Un genre de mine parmi beaucoup d’autres.

6/. Illustration de la presence des vietnamiens. En fond, les temples d’Angkor.

7/. Dans le musee de S-21, les inombrables photos des victimes de « Douch », le chef de la prison aujourd’hui juge par la justice internationale.

 

L’hisoire du Laos pour les nuls

Après quelques semaines au Laos, nous avons enfin des réponses à nos questions.

Les nombreuses personnes que nous avons rencontré,  ayant vécu de près ou de loin la guerre d’Indochine, nous ont permis de pallier notre manque de connaissance sur le sujet et d’avoir enfin quelques certitudes.

L’une d’elle est que le Laos a été le pays le plus bombardé de tous les temps avec, à lui seul, plus de bombes que tout ce qui est tombé sur l’Europe au cours de la deuxième Guerre Mondiale. Deux millions de tonnes de bombes en cinq ans.

Et ce, malgré le gouvernement n’ait pas pris parti dans le conflit vietnamien. Les communistes laotiens qui voulaient reprendre le pouvoir, détenu par la droite a l’époque, possédaient plusieurs districts au nord et à l’est du Laos. Les américains, ne voulant pas voir apparaître un nouveau coup d’état communiste, se sont alliés au parti de droite.

La plupart des bases américaines se trouvaient au sud-Vietnam, mais il existait également d’autres bases avancées au nord du Laos, point d’ancrage avant de décoller pour le Vietnam.

Les bombardements au Laos, Phonsavan situee au Nord

La zone était stratégique puisque que les Vietnamiens réapprovisionnaient les communistes laotiens en matériel, à travers la fameuse piste Ho Chi Minh reliant trois pays: Vietnam, Laos et Cambodge. Voulant mettre un terme à cette avancée communiste, les  bombardements se faisaient incessants et d’une violence rare dans la partie Nord du Laos afin d’aneantir le Pathet lao, et au Sud pour detruire la piste Ho Chi Minh. 

Bombardements aveugles

L’aéroport de Phonsavan détient ainsi le triste record du plus grand nombre d’avions militaires ayant stationné sur son tarmac. Un par minute décollait ou atterrissait. Ceux-ci partaient bombarder les campagnes voisines. De leur cockpit, la visibilité étant réduite, ils bombardaient souvent des villages civils. Pour pallier ce manque de visibilité, ils ont très vite eu recours à des défoliants pour tuer la forêt. On en trouve encore des traces dans les nappes phréatiques et dans le sol.

Petite parenthèse : Défoliant appelé Agent Orange, lequel contient de la Dioxine, il a été commercialisé par la multinationale mondialement connue du nom de Monsanto. Cette entreprise est désormais connue pour la vente du Round Up (agent actif : le glyphosate), désherbant conçu dans le but d’être vaporisé sur les champs d’OGM. Ces derniers résistent au Round Up, mais les adventistes, entendez « mauvaises herbes », sont, elles, détruites. Les graines OGM sont pour leur part aussi vendues par Monsanto : un marche énorme !

Les Américains utilisaient donc l’Agent Orange (responsable de la destruction du tiers des forets vietnamiennes) mais aussi le tristement célèbre Napalm, hautement inflammable. Il était employé pour bruler des régions entières sans aucune distinction.Bombes a sous-munitions. Credit photo: DR

Ils utilisaient aussi des bombes à sous-munitions qui, en explosant en l’air, libéraient des centaines d’autres petites bombes appelées sous-munitions. Ces bombes étaient très répandues durant la guerre du Vietnam car une seule bombe permettait de recouvrir des surfaces égales à celle d’un terrain de football, le but premier étant d’utiliser un minimum de munitions pour un maximum de dégâts. Les chiffres sont parlants : 500 kg d’explosifs ont été utilisés par habitants, en moyenne.

Terrain miné

Un grand nombre de ces sous-munitions n’ont pas explosé à l’impact et se retrouvent disséminées dans le sous sol du Laos.

Un problème qui constitue aujourd’hui, presque quarante ans plus tard, l’un des handicaps majeurs du pays. Et en effet, n’ayant pas les fonds nécessaires pour déminer, ce sont les associations qui prennent le relais pour exécuter cette lourde tâche. 

nag.jpgA Phonsavan, l’association MAG fouille le sous-sol et peut ainsi baliser des sentiers sécurisés. Elle marque aussi les bombes qui ont été trouvées d’une balise portant la mention « Danger », le temps que celles-ci soient désamorcées. Mais les accidents restent fréquents, d’autant plus que les villageois vont récupérer le métal des bombes pour le faire fondre et en faire des petites cuillères destinées à la vente. Ils partent ainsi avec un détecteur de métaux et leur maigre connaissance pour déterrer les engins. Pour eux, c’est un trésor qu’ils ont sous les pieds car le prix du métal ne cesse d’augmenter.

L’horreur du Vietnam aux portes du Laos

A Vientiane nous avons rencontré Jean qui connaît le Laos depuis quarante ans, à l’époque de la colonisation française. Il nous expliquait que c’est lorsque les Américains virent le film « Platoon » qu’ils prirent conscience qu’il était temps de faire revenir leurs fils au pays.

Dans « Platoon » , on peut voir de jeunes soldats de dix-huit ans complètement drogués pour faire face à l’horreur des combats. Pour se soulager, ils fumaient de l’opium en se servant de leurs fusils comme d’une pipe. Prostitués, opium, héroïne, cocaïne, tout était bon à prendre et bon marché.

Fin des années 60, les Manifestation pour la paix au viet nam en 67 au USA.manifestations pacifiques aux États-Unis battent leur plein.

A la vue des nombreuses pertes et de la pression populaire, le gouvernement américain retire ses troupes du Vietnam en 1973. Ce sont des milliers de jeunes soldats traumatisés qui rentrent au pays. Car il faut tout-de-même souligner que les soldats Viet Minh n’étaient pas en reste en matière de torture. Ils se servaient de pièges en forêt et avaient une parfaite connaissance du terrain, tout pour assurer la défaite de leur ennemi américain.

Des vétérans dans les rues

Ce sont donc des Américains choqués qui rentrèrent au pays. vteran.gif

Encore aujourd’hui, des milliers de vétérans, 140.000  pour être précis, dorment dans les rues des États-Unis, atteints de traumatismes. Le gouvernement les a longtemps ignoré. les veterans du Vietnam. Credit photo : DR

On croise aussi beaucoup de GI à Phonsavan qui faisaient partie de l’Air Force, et qui, culpabilisant, viennent au Laos pour se repentir et constater l’ampleur du désastre.

Ils racontent qu’ils avaient la vingtaine à l’époque et que leurs amis mourraient sous leur yeux. Mais hélas pour eux, ils ne sont pas très bien accueillis ici, l’histoire jouant en leur défaveur.

A contrario, les Français n’ayant pas ou peu eu recours à la torture, aux bombardements massifs et à l’exécution de civils ont conserve l’amitié des Laotiens.

D’après leurs dires, la France a toujours bien traité les habitants et le pays durant le protectorat, jusqu’à l’aider économiquement. Les Français se sont fait battre à Takhek en 1946, ce qui, pour les Laotiens, reste un très bon souvenir.  Cet affrontement marqua la fin de la colonisation française.

Paradoxalement, le communisme a fait beaucoup de bien après la guerre car le pays est reste fermé pendant près de 15 ans, pour se rouvrir en 1995 seulement. Il a ainsi pu se reconstruire sans influence étrangère ni pression internationale. Et ce pour le plus grand bonheur des touristes car il regorge de coins préservés de toute présence humaine.

 

 

Sentiments forts : la vie locale

Couchés à 6h après une soirée franco-thaï  des plus sympathiques, réveil chaotique. Il est 10h du matin et c’est autour d’un gros petit déjeuner que nous nous remémorons les souvenirs de la veille. Il est 14h passées quand nous décidons de contacter Nop du Chiang Kong Conservation Group, ONG soeur de Living River Siam, contact que nous avait donné notre dernier interlocuteur Pai. Hélas, en vain.
Étant exténué, je dis a Audrey que je l’abandonne car mon courage est au plus bas et je décide de faire une sieste. Elle en revanche rassemble le sien et part taper quelques articles sur le blog.

A peine 40 min après m’être endormi, mademoiselle entre dans la hutte qui nous sert de dortoir avec une délicatesse qui défie toute concurrence. La vieille bicoque tremble de toutes parts. Évidemment bien réveillée, elle m’explique toute désolée qu’il faut partir sur le champs, qu’on est attendu, que l’on a seulement 10 minutes pour rassembler nos affaires, ce afin de rencontrer l’ONG de Nop. On ne peut pas dire que je sois connu pour ma bonne humeur au réveil (ceux qui me connaissent confirmeront), je demande donc à ma chère et tendre sur un ton un peu agacé pourquoi nous ne les rejoignons pas par notre propres moyens, le lendemain matin et non pas pendant ma sieste. Elle me fait un topo de la situation, nous n’avons pas le choix car il n’y a pas de bus l’après-midi et surtout, la personne que devons rencontrer n’est pas disponible le lendemain.dsc5929.jpg

Une trentaine de kilomètres et quelques heures plus loin, on se retrouve attablés avec une bouteille de whisky local et, en hors-d’œuvre, le choix entre des tripes de porc farcies (on ne saurait trop dire à quoi) et des petites crevettes vivantes (de 1 à 2 cm), accompagnées d’une sauce au piment. On comprend mieux pourquoi ils boivent autant de whisky. Donc nouvelle découverte gastronomique. Plutôt bonne mais vraiment pas facile à manger. Car, avec pour seul couvert, une grosse cuillère, la petite crevette essaie de se faire la belle sans arrêt ! Ce dernier plat a tout de suite mis en place une atmosphère décontractée entre nous et nos hôtes, ces derniers étant très amusés de voir nos têtes une fois les petites bêtes servies. En particulier celle d’Audrey qui venait à peine de se remettre de l’émotion causée par les sauterelles, cafards et autres bestioles. 

Nous avons passé les deux jours suivants dans leur QG en pleine campagne nord-thaïlandaise au sein d’une famille typique composée d’une douzaine d’individus de 15 à 89 ans, tous aussi gentils les uns que les autres. Leur terrain avait des airs de maison de campagne : une cuisine de 30 mètres carrés pour seulement deux chambres de la même taille dans la grange voisine. Il y avait donc quelques tentes dans le jardin pour accueillir tout le monde. C’est dans ce même jardin que s’utilisaient douches et autres commodités sanitaires. Au cœur d’une végétation luxuriante, nous avons découvert de nouvelles saveurs au cours de grands repas familiaux. Ces derniers étaient plus piquants les uns que les autres, comme s’ils voulaient tester notre résistance au Chili.

dsc5886.jpgDès les premières lueurs de l’aube, c’est une course de relais qui commence. Les coqs sont sur les starting-blocks prêts à crier pendant des heures et à se lancer la réplique, avant de passer la main aux moines qui finissent de nous extirper de notre sommeil avec des lyriques incessants. Lyriques qui pour nous et pour Nop (athée de surcroît) ne sont que vacarme incompréhensible.

C’est donc à 6h que nous parlons du programme de la journée devant un thé, du riz et du poisson séché. On nous explique le programme et nous de notre côté exprimons nos souhaits de réaliser entretien, séquences et différentes images. Désirs plus ou moins bien compris par nos hôtes, au rythme d’un dialogue thaïlandais, c’est-a-dire doucement, sans se presser et surtout toujours dans la bonne humeur.

Une fois les journées de tournage terminées (qui sont expliquées par notre journaliste dans une autre rubrique de ce blog), c’est détente accompagnée de whisky local et d’amuse – gueules. Vous allez dire mais vous ne faîtes que manger ?! En effet, la vie d’un thaï est régie par le repas : petit déjeuner, collation de 10h, déjeuner, goûter, dîner, et encore une collation à minuit pour diminuer les effets de l’alcool avant d’aller se coucher.

Nous avons donc suivi à la lettre ce fameux rythme quand à la tombée de la nuit nous nous sommes retrouvés à boire l’apéro avec des paysans locaux. Personne ne les connaissait dans notre groupe, mais on nous a expliqué qu’il était normal en Thaïlande de partager un moment comme celui-ci avec des inconnus afin de faire un peu connaissance. Juste la simplicité de quelques mots, des regards qui s’échangent et des sourires toujours rendus. La vie dans toute sa simplicité !dsc59191.jpg

Il est 17h, le soleil nous fait du charme en ce couchant sur un paysage de toute beauté. On peut voir sur le versant des montagnes, comme perchées, des rizières éclairer la vallée d’un vert émeraude, alors qu’à leurs pieds, tel un serpent rouge, s’écoule paisiblement le Mekong.

En thaï, Mekong signifie la Mère des Eaux. Le fleuve nourricier. Tout à coup, tout a beaucoup plus de sens, tout est plus clair, on prend conscience de l’importance de notre reportage dans le cœur des habitants des berges. En un instant on s’est senti investis d’une mission. En plongeant mon regard dans celui d’Audrey, j’ai pu voir le reflet du fleuve rouge. Il pétillait de vie.

 

Le western thaïlandais

Construite autour de l’unique route qui la traverse, Chiang Kong fait penser aux westerns des films américains. Sur cette “nationale”, c’est un défilé quotidien de camions, 4×4, moto, tuk-tuk, qui foncent à toute allure. Et c’est au milieu de ce désordre que passants et vélos essaient de se frayer un chemin.

A la nuit tombée,  c’est la métamorphose. Cet axe tant sollicité par les véhicules le jour laisse place à un petit bazar ou l’on vend fruits, légumes, poissons ainsi que vêtements et babioles en tout genre. Les habitants de Chiang Kong aiment s’y rencontrer afin d’échanger une dernière fois avant de retrouver “le confort” d’une planche en bois pour la nuit, bercés par le chant du coq.

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Nous voila donc dans cette bourgade pour quelques jours dans l’attente d’un rendez-vous avec une ONG voisine. Il est 14h passé et la faim commence à se faire sentir. On décide de s’arrêter dans le premier restaurant qui se présente à nous. Parfait ! On tombe sur un resto avec cuisine du monde (ca veut dire européenne ici), et comme on en a un peu marre du riz, c’est une aubaine. Je décide d’aller faire un brin de toilette, le temps que les sandwiches arrivent. A la recherche de la salle de bain, je fais trois fois le tour du propriétaire et je m’arrête, ébahie devant une affiche.

C’est une publicité pour la salle de concert Le Chat Noir, la même que chez moi… Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est le Chat Noir, c’est un pub à Genève où par ailleurs nous avons l’habitude d’aller avec Audrey. J’appelle Audrey qui crois rêver à son tour. Nous demandons donc à la gérante, qui ne sait absolument pas ce qu’est Le Chat Noir, de nous expliquer comment elle a eu ça. Elle nous raconte que sa sœur habite à Berlin et qu’elle le lui avait envoyé… On en a donc conclu que la sœur avait du faire une escale a Genève pour une soirée bien arrosée. Plutôt cocasse !

Dans le même genre à Chiang Mai, nous avons rencontre cinq Français des quatre coins du pays. Ils font tous les saisons de ski ce qui implique qu’ils voyagent beaucoup en France. La soirée se déroule et j’en viens à parler d’un ami qui lui aussi voyage beaucoup: Avel. J’explique son parcours et où il a travaillé. Et là, notre acolyte nous dit qu’elle le connait, qu’ils ont travaille ensemble au Montreux Festival (désolé Avel, j’ai oublie le nom de cette jeune fille). Le hasard quoi ! Maintenant, si on pousse un peu, Avel va au Chat Noir, la sœur expatriée aussi, ainsi que la jeune voyageuse et nous. Pour un peu, on aurait tous passé une soirée ensemble !

En conclusion, soit la terre est toute petite, soit les voyageurs font malgré eux tous le même chemin. Ou peut-être un peu des deux !  




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